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Le Mémorial de Dannemarie : sur les traces des Poilus et des tranchées de 14-18
Au cœur du Sundgau alsacien, à quelques kilomètres de la ville de Bâle en Suisse, le Mémorial de Dannemarie retrace une page méconnue de la Première Guerre mondiale. Une collection de plus de 15 000 pièces et une tranchée immersive unique en France plongent les visiteurs dans le quotidien des soldats au front.
Dannemarie, là où la guerre de 14-18 a commencé
C'est dans cette région frontalière que la Grande Guerre a écrit ses premières lignes. Le caporal Jules André Peugeot et le sous-lieutenant Albert Mayer furent les premiers soldats français et allemands à tomber sur le front de l'Ouest. Cela s’est passé 36 heures avant le début officiel des hostilités entre la France et l'Allemagne.
Le musée de Dannemarie évoque le kilomètre zéro, l'une des deux extrémités du front franco-allemand, à la frontière suisse. C'est ici que les deux camps établirent leurs premières tranchées respectives, de chaque côté de la rivière qui traverse la région.
La plus grande tranchée reconstituée de France
Au total, 2 490 km de tranchées, larges de 1 à 2 mètres et profondes de 3 mètres, sont creusées par les soldats des deux camps. Un travail titanesque réalisé à la force des bras, avec une pelle et une pioche. Les tranchées s'imposent comme une nécessité : face aux nouvelles armes, fusils et mitrailleuses, il devient impossible de mener la guerre à découvert.
Le Mémorial de Haute-Alsace abrite la plus grande et probablement plus belle tranchée reconstituée de France. Elle a pu voir le jour grâce à une très importante collection privée d’armes, de costumes et d’objets de l’époque. La découverte de cette tranchée immersive permet au visiteur de mieux comprendre la rudesse de la vie dans ces conditions.
Les Poilus : une vie quotidienne dans l'enfer des tranchées
On les appelle les Poilus tout simplement parce que le manque d'eau et de savon ne leur permet pas de se raser. Barbe et moustache, c'est ainsi qu'ils se présentent.
Dans ces tranchées, ils attendent. Parfois des jours entiers, sans combattre. Puis vient la bataille où il faut sortir la tête à découvert pour tirer. Beaucoup ne le font qu'une fois.
Les soldats en 1ère ligne ne se déshabillent jamais. Ils mangent dans la boue, parfois sur les corps de leurs camarades tombés au combat. Des rats infestent les lignes et se nourrissent des cadavres.
Lucioles et vin : les seuls réconforts des Poilus
La nuit, faute de lumière, ils lisent les dépêches à la lueur de lucioles enfermées dans des bouteilles en verre. Le vin, dont on a triplé le rationnement, est leur seul remède contre l'horreur.
À la fin de la guerre, ils rentrent chez eux sans aide, sans argent, sans pension militaire. Pour les soldats défigurés, le retour est encore plus brutal : aucune structure ne les accueille, aucun dispositif ne les accompagne.
Les Gueules Cassées : 15 000 hommes défigurés par la Grande Guerre
La guerre dans les tranchées a fait 15 000 gueules cassées. Des soldats dont les blessures au visage ont bouleversé à jamais l'identité et le rapport au regard de l'autre. L'Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT), leur association, a œuvré pour leur redonner dignité et place dans la société.
Visiter le Mémorial de Dannemarie : une expérience immersive et indispensable
Le Mémorial de Haute-Alsace est bien plus qu'un musée. C'est une plongée dans le quotidien des soldats et des civils de la Grande Guerre. Une visite qui laisse une empreinte durable, tant pour les adultes que pour les plus jeunes.
Le mémorial est accessible en voiture, avec un parking gratuit sur place. Il est à cinq minutes à pied de la gare de Dannemarie. Pour les horaires, les tarifs et la billetterie en ligne, rendez-vous sur le site officiel.
Le livre audio L'Enfer du Miroir : quand l'histoire des gueules cassées se prolonge dans la Seconde Guerre mondiale
Les gueules cassées ne s’arrêtent pas à la guerre 14-18. Il y a des soldats blessés dans tous les conflits dans lesquels l’armée française est engagée. La Seconde Guerre mondiale a également laissé derrière elle de nombreux hommes profondément marqués dans leur chair.
C’est le cas de Nesti, un jeune Alsacien de 17 ans enrôlé de force dans l’armée du Reich en 1943. Malgré lui, il est violemment arraché à l’adolescence pour combattre avec l’uniforme allemand sur le dos. Il reviendra du front grièvement blessé, le visage mutilé à jamais par une balle explosive.
L'Enfer du Miroir, le récit de Jean-Pierre Gonzales est inspiré de son histoire vraie. Il raconte avec sobriété et justesse le combat d’un jeune homme pour retrouver sa dignité et vivre l'amour d'une femme.